Publié le 02/07/2026 Autres ressources Dialogue social transition écologique Quoi de plus symbolique que des températures caniculaires, à plus de 38 °C, pour parler transition écologique et dialogue social ? C’est en effet le contexte dans lequel s’est déroulé le séminaire interentreprises lançant l’accompagnement de trois entreprises par une équipe projet de l’INTEFP sur le sujet du dialogue social environnemental ! Une démarche soutenue par l’Institution pour le progrès social dans l’industrie, l’IPSI. Ces trois entreprises, Schneider Electric, Aktid et Martin Technologies, se sont déplacées en format paritaire à Marcy-l’Étoile, les 25 et 26 juin 2026, avec pour objectif de prédéterminer un ou plusieurs chantiers liant dialogue social et transition écologique à mettre en place au sein de leur structure. Un format paritaire pour un projet coconstruit Le cheminement proposé pour ce séminaire de travail visait à apporter aux partenaires sociaux participant un socle commun de connaissances, à appréhender les liens entre travail, emploi et environnement, et in fine, à apprendre à dialoguer sur ces sujets. « Fin du mois, fin du monde, nous [la direction] nous regardons la fin du monde. Alors que nous pouvons avoir des salariés qui regardent la fin du mois. Nous avons besoin d’être aidés à réconcilier les deux ! », faisait justement remarquer Laurent Bizien, directeur général de Martin Technologies. « L’environnement est un sujet historique chez Schneider Electric, reconnaissait Michael Fossat le DRH France, démarche dans laquelle les syndicats nous rejoignent, mais nous avons besoin d’être accompagnés parce que c’est un champ tellement immense que l’approcher de façon méthodologique, c’est important pour nous ». Et la méthodologie déployée par l’INTEFP a largement embarqué l’ensemble des participants. Un programme dense et rythmé CONSTATS ENVIRONNEMENTAUX - Les deux jours de travail ont débuté par un rappel des constats environnementaux par Emmanuel Delannoy, Coordinateur Réseau Entreprises et territoires à l’Office Français de la Biodiversité, l’OFB. Au-delà de planter le décor et resituer le séminaire dans une réalité concrétisée par « le plus chaud mois de juin jamais observé en France », d’après La chaine météo, il était aussi question de proposer une approche économique. L’impact financier direct et indirect des événements climatiques extrêmes et du dérèglement climatique en général commencent à se concrétiser, à être chiffrés et prévisibles. Le propos s’est évidemment terminé par des pistes de réflexion et des leviers de changement. CADRE RÉGLEMENTAIRE ET OBLIGATIONS LÉGALES - L’avocate Amélie Khlar est ensuite venue rappeler ce que dit la loi en matière de droit social environnemental, l’évolution des prérogatives environnementales du CSE, les différents textes qui encadrent les principes d’information-consultation et de la négociation collective. ÉTUDE DE CAS - L’accord collectif de l’entreprise Lilly France a ensuite été soumis à l’analyse des participants. Signé en avril 2024, cet accord collectif soumet notamment l’intéressement des salariés pour les années 2025, 2026, 2027, à la réalisation de minium 10 actions. Ces actions « positives pour l’environnement » sont liées à la réduction des gaz à effet de serre, de la consommation d’eau, à la réduction ou valorisation des déchets et concernent les différents sites. Cet accord comprend également la création de deux commissions environnementales. ATELIERS – Plusieurs ateliers paritaires en interentreprises, puis en intra-entreprise ont rythmé les deux jours pour déboucher in fine sur un ou plusieurs chantiers de dialogue social environnemental pour chacune des trois entreprises. SURPRISE – L’intervention en format stand-up de Rafaella Scheer du collectif Greenwashing Comedy Club a été l’occasion d’aborder la question de la transition écologique… avec humour. Un parcours pour cheminer Les temps de réflexion en solo, duo, trio, ou en format interentreprise ont naturellement conduit les participants aux séquences en format paritaire intra-entreprises pour coconstruire le chantier (à ce stade, plusieurs chantiers encore possibles) en lien avec le dialogue social environnemental qui sera accompagné par l’équipe projet de l’INTEFP. Les grandes lignes de chacun des trois chantiers ont pu être dessinées en fin de séminaire, et les contours précis du travail à effectuer seront soumis cet été aux équipes respectives de chaque structure : l’ADN du projet étant le dialogue social, l’adhésion de tous (directions et représentants des salariés) est évidemment indispensable. La démarche proposée par l’INTEFP mêlant format paritaire, conférences, ateliers de travail, etc., a été particulièrement appréciée par les participants, à l’image d’Anthony Morel, membre du CSE d’Aktid : « j’ai trouvé ça déjà incroyablement intéressant car cela a permis de remettre en lumière et de poser la réflexion autour de ces enjeux communs ». Trois entreprises représentées paritairement : Schneider Electric, Aktid, Martin Technologies. Un accompagnement sur mesure Face à la complexité de la thématique, aux enjeux économiques engagés, à l’incertitude générale autour de la problématique climat et de son impact sur le travail et les emplois, les participants ont été rassurés : « cela peut paraître un gros bloc mais la pédagogie des animateurs a permis de capter les informations essentielles », a remarqué Yoan Hurson, élu CFDT de Martin Technologies. « Ce qui motive, c’est l’idée d’être aidés par un organisme externe, un organisme public, qui arrive avec une méthodologie », a relaté pour sa part Fouzia Slaoui, élue CFTC chez Schneider Electric, « cela va nous aider à sortir de nos process habituels et à réfléchir autrement », poursuit-elle. Des clés, des outils, une méthodologie, parfaitement maîtrisés par l’équipe projet de l’INTEFP qui seront par la suite adaptés très précisément à chaque groupe, à chaque projet. « On repart avec pleins de belles idées, pas une seule action, mais toute une liste d’actions à tester dans notre entreprise et avec nos collègues », expliquait Zoé Bachelier, responsable R&D mécanique chez Aktid, « un cadre précis et des clés ! » a conclu sa collègue Célia Oudot, membre du CSE d’Aktid, en sachant que ce séminaire de travail n’est que le début de 12 à 18 mois d’accompagnement. L’équipe projet de l’INTEFP Cette équipe est composée pour l’INTEFP de- Mélanie Burlet, directrice de l’innovation et des partenariats,- Émilie Philis, responsable projet dialogue social, - Agnès Cardineau, responsable projet animation de réseaux d’acteurs et facilitation,- Pierre-Jean Rozet, responsable de mission dialogue social,- Virginie Verjat, assistante de direction. Une équipe épaulée par - Ingrid Kandelman, consultante, fondatrice de l’Onde zéro et pilote de la Convention des entreprises pour le climat (CEC) Dialogue social et environnement, - François Jutras, coordonnateur et intervenant-facilitateur, membre du Centre de ressources pour la négociation et la conciliation. Illustration de la nécessité de dialogue social dans le cadre de la transition écologique