Publié le 25/03/2026 Autres ressources Santé et sécurité au travail Une consultation menée conjointement par la direction générale de l’administration et de la fonction publique, la DGAFP, et l’INTEFP a permis de déterminer les besoins en formation et les axes d’action à prioriser pour les acteurs en santé et sécurité au travail de la fonction publique. Un document riche en enseignement dont nous vous livrons ici les principaux points. Pour débuter, un constat encourageant : l’enquête a révélé que 85 % des répondants reconnaissent que les actions de prévention mises en place dans leur structure améliorent effectivement la santé et la sécurité des agents. Ainsi, bénéfique et utile, le rôle de ces acteurs est reconnu. Cela appuie leur volonté de poursuivre leurs actions et d’affiner encore leur accompagnement. (Plus d’infos sur les modalités de la consultation dans l’encadré Le contexte de cette enquête) Les principaux enseignements de l’enquête Dans les trois fonctions publiques, ce sont les risques psychosociaux et les troubles musculosquelettiques qui ont été cités comme principaux facteurs de risques auxquels les agents sont exposés. Les risques physiques (chute, bruit, vibration, etc.) sont aussi des risques communs à chaque versant. Par ailleurs, les agents de la fonction publique territoriale sont fortement concernés par les risques routiers, lorsque pour ceux de la fonction publique hospitalière ce sont plutôt les risques chimiques qui sont identifiés. Ainsi, à côté des risques communs sur lesquels il est nécessaire de toujours renforcer soutien et formation des agents de prévention, il convient de veiller en permanence à adapter les mesures de prévention aux réalités de chaque secteur. Les formations les plus ciblées. Sans surprise, les besoins de formation exprimés concernent prioritairement la prévention des risques psychosociaux et la santé mentale (pour un tiers des répondants). Viennent ensuite tout ce qui a trait au cadre de la santé et sécurité au travail (SST), avec des demandes souvent formulées autour de la réglementation, des techniques de communication et de sensibilisation, ainsi que des appuis pour mieux maîtriser la gouvernance de la SST dans le secteur public. Enfin, dernière grande famille de formations sollicitées, celle concernant les techniques d’accompagnement, avec un besoin exprimé autour des outils de diagnostics, de détection et d’analyse des risques L’INTEFP, sollicité pour son approche de la SST Reconnu pour son expertise en matière de santé et sécurité au travail, proche des agents de la fonction publique d’État, des inspecteurs santé-sécurité au travail et des inspecteurs du travail qu’il forme, l’INTEFP avait toute sa place aux côtés de la DGAFP pour coconstruire le questionnaire, mener à bien cette enquête et en analyser les résultats. Les enseignements issus de cette enquête vont par ailleurs permettre à l’institut d’enrichir son offre de formations, pour que celles-ci restent toujours pertinentes et évoluent en fonction des attentes du terrain. De son côté, la DGAFP, par sa connaissance et ses liens avec tous les versants de la fonction publique, a permis de diffuser l’enquête au plus grand nombre. Pour la direction générale de l'administration et de la fonction publique, cette enquête entrait dans le cadre du premier plan santé au travail Fonction publique 2022-2025 et doit permettre de préparer le suivant, PST 2026-2030, axé sur le renforcement de la prévention. Zoom sur les risques psychosociaux L’enquête révèle que les politiques de formation sont assez disparates d’une fonction publique à l’autre. Par exemple pour les assistants de prévention (AP) de la fonction publique d’État (la FPE), 75 % des répondants disent avoir bénéficié d’une formation en santé-sécurité au travail (SST) depuis leur prise de fonction. Ils sont 60 % en territoriale. Quand elles ont lieu, ces formations sont majoritairement axées formation initiale et continue à la mission (38 %) et réglementation (32 %). Les risques psychosociaux (RPS) et la santé mentale ne font l’objet que de 18 % des programmes alors que les formations en prévention des risques psychosociaux sont plébiscitées par 49 % des répondants et les formations premiers secours en santé mentale (PSSM) par 44 %. Le handicap et les QVCT ne sont abordés que dans 1 % des formations, quand les sujets émergents comme le changement climatique ou l’intelligence artificielle en sont totalement exclus. Chez les conseillers de prévention (CP), la formation en santé mentale doit encore se développer puisque seulement 42 % d’entre eux ont bénéficié d’une formation sur le sujet. À savoir que le pourcentage diffère selon les versants de la fonction publique : ils sont 54 % dans la fonction publique territoriale, 38 % dans la FPE. Comme pour les AP, ils sont nombreux à exprimer un souhait de formation en RPS (47 %) et 37 % à souhaiter une formation en premiers secours en santé mentale (PSSM), ainsi que des formations aux techniques de communication et de sensibilisation et aux outils de diagnostic des risques (39 % pour ces deux thématiques). Le contexte de cette enquête Cette consultation menée conjointement par la DGAFP et l’INTEFP visait à mieux cerner les conditions d’exercice, les pratiques et les besoins des acteurs en santé et sécurité au travail de la fonction publique. Cela répondait à l’un des objectifs du Plan santé au travail dans la fonction publique (2022-2025) visant à renforcer et améliorer le système d’acteurs de la prévention. Cette enquête, menée du 4 juin au 1er septembre 2025, a pris la forme d’un questionnaire d’une trentaine de questions envoyé aux acteurs suivants : assistants de prévention, conseillers de prévention, assistants de service social, membres des bureaux de QVCT, membres d’un service de médecine de prévention, acteurs de l’inspection et du contrôle (ISST, ACFI ou inspecteurs du travail selon les fonctions publiques). 5973 personnes se déclarant véritablement concernées par des missions de prévention ont répondu au questionnaire. Les résultats ne prétendent à aucune représentation statistique exhaustive mais apportent des tendances, des perceptions et des pratiques. Inédite par son ampleur, cette enquête permet de mieux connaître les acteurs de la prévention à travers leur profil sociodémographique (âge, sexe, formation), leurs conditions d’exercice, leurs missions et la perception de leurs rôles.